Les transporteurs inquiets face au projet de « vignette poids lourds »

Les transporteurs inquiets face au projet de « vignette poids lourds »

L’éventuelle nouvelle taxation du transport routier alarme un secteur dynamique, mais aux marges resserrées. Dans ce contexte, la question du financement des investissements est plus que jamais cruciale pour les transporteurs.

Fin octobre, nous devrions connaître les modalités de la « vignette poids lourds », destinée au financement de l’entretien et du renouvellement des infrastructures routières françaises. Celle-ci interviendra « avant la présentation de la loi sur les mobilités », a précisé Elisabeth Borne, ministre des Transports qui a également expliqué l’objectif du projet gouvernemental de faire contribuer les transporteurs étrangers empruntant le réseau routier français : « On cherche à faire participer au financement des infrastructures, notamment ceux qui n’y participent pas aujourd’hui. Par exemple, les poids lourds qui font le plein au Luxembourg ou en Belgique, traversent la France, puis refont le plein en Espagne et n’ont pas payé la fiscalité sur les carburants ». Montant de la « ressource » recherchée par le gouvernement : 500 millions d’euros par an à partir de 2020.

 

Une taxe au cœur de nombreuses discussions

La question d’une nouvelle taxe, quelle qu’en soit la forme était forcément au cœur de nombreux échanges lors du salon Technotrans, qui a réuni la filière du 11 au 13 octobre à Nantes. « Les professionnels du transport de marchandises avec qui nous sommes en contact permanent à travers nos partenaires nous font part de leur inquiétude car leurs marges s’avèrent déjà relativement serrées. La concurrence, notamment étrangère, est rude en raison des faibles coûts de main d’œuvre pratiqués dans certains pays. Pour les transporteurs français, les charges d’exploitation augmentent deux fois plus vite que l’inflation. », analyse Frédéric Simon, directeur régional Grand Ouest chez Franfinance. Une taxation supplémentaire risque de mettre en péril beaucoup d’entreprises dont l’équilibre reste fragile après les années de crise. Ce serait particulièrement dommageable actuellement alors que l’activité est à nouveau bien orientée, ce qui est favorable au rétablissement des comptes, à l’investissement et la modernisation du secteur.

 

Zoom sur la conjoncture du transport routier de marchandises

Après plusieurs années de baisse, le transport routier de marchandises affiche une progression encourageante depuis mi-2016.

Sources : Service de la donnée et des études statistiques ; Insee (Juillet 2018)

 

Un secteur ouvert aux innovations

Malgré les difficultés, les entreprises du transport innovent. Elles s’adaptent aux normes environnementales de plus en plus exigeantes. Selon le ministère de l’Écologie, « En 23 ans (entre les normes Euro 0 et Euro VI), les oxydes d’azote auront été divisés par 36, les hydrocarbures par 18 et les particules par 35 ». Frédéric Simon témoigne : « Ce sont des entrepreneurs optimistes, professionnels, qui maîtrisent bien les problématiques règlementaires et de gestion. Ils sont ouverts aux alternatives visant à limiter l’empreinte écologique des transports ».

Pour répondre aux différents défis auxquels elles sont confrontées, les entreprises de transport doivent investir, recruter, former, renouveler leurs flottes. Le financement des équipements est donc – plus que jamais – crucial. La préservation des trésoreries aussi. « Notre rôle est d’accompagner les constructeurs et les distributeurs pour proposer aux entreprises des solutions de financement adaptées à l’ensemble de leurs contraintes notamment pour ceux qui veulent profiter d’un suramortissement ou qui bénéficient de Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) », explique Frédéric Simon. L’enjeu est de taille pour la filière, mais aussi pour l’économie du pays.

 

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