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ARTICLE – Nouvelle étude Franfinance : les entreprises et leur transition écologique
6 janvier 2026
Acteur engagé dans le financement de la transition écologique, Franfinance accompagne les entreprises dans leurs projets d’investissement et de transformation. À travers son étude dédiée à la transition écologique, l’entreprise scrute les dynamiques à l’œuvre dans le tissu économique français.
La dernière étude, réalisée avec l’institut Viavoice, donne la parole aux décideurs d’un échantillon représentatif des entreprises françaises de 10 salariés et plus. Elle explore les leviers, les freins et les arbitrages des entreprises face aux enjeux environnementaux.*
Tour d’horizon des enseignements clés de cette enquête.
La transition écologique : un enjeu reconnu comme important mais relégué derrière d’autres priorités
Si la transition écologique et énergétique s’impose comme un sujet incontournable dans le débat public, elle reste, pour une majorité d’entreprises françaises, un objectif encore secondaire face à d’autres impératifs stratégiques.
Seules 25% des entreprises interrogées considèrent la transition écologique et énergétique comme un enjeu prioritaire. Une proportion significative, mais qui place ce sujet loin derrière des axes tels que l’image et la communication (44%) ou le recrutement et la fidélisation des talents (45%). Même le développement et l’investissement (39%) devance largement la question environnementale. A contrario, la question de la recherche et de l’innovation arrive loin derrière, jugée prioritaire par 20% seulement des entreprises.
Pour autant, 70% des répondants jugent la transition écologique « importante » (prioritaire ou non), signe que la prise de conscience est réelle. Mais dans le détail, 45% la relèguent au rang d’enjeu « important mais pas prioritaire », et 19% la classent comme « secondaire ». 11% estiment même qu’elle n’a pas d’importance pour leur activité.
40% des entreprises françaises de 10 salariés et plus estiment ne pas être suffisamment informées pour envisager la mise en place d’une stratégie écologique
Si 59 % des répondants se déclarent informés – dont 19 % très informés et 40 % assez informés –, une part importante du tissu économique reste en retrait : 23 % se disent peu informés et 17 % pas du tout informés. Ce déficit constitue un frein majeur à l’accélération des démarches environnementales.
Les écarts sont significatifs selon la taille et le secteur d’activité des entreprises interrogées. Prime à la taille d’abord puisque 76 % des entreprises de 100 salariés et plus se jugent informées. L’industrie affiche également un niveau supérieur (67 %), tandis que la construction se distingue par son retard avec 48 % des acteurs du secteur qui ne se sentent pas suffisamment informés.
Un tiers des entreprises françaises aujourd’hui sans objectifs environnementaux
Si la transition écologique progresse au sein des entreprises françaises, elle reste inégale et souvent sans pilotage rigoureux, ce qui interroge sur la capacité des entreprises à transformer leurs engagements en résultats concrets. En effet, 65% des entreprises françaises déclarent avoir mis en place une stratégie pour réduire leur impact environnemental. Parmi elles, 36% disposent d’objectifs assortis d’indicateurs de suivi, tandis que 29% se contentent d’objectifs sans mesure précise.
En revanche, 34% des entreprises n’ont défini aucun objectif, un chiffre qui grimpe à 42% chez les PME de 10 à 19 salariés. À l’inverse, les grands groupes se distinguent : 65% des sociétés de plus de 100 salariés suivent leurs indicateurs, contre seulement 31% des structures de moins de 50 salariés.
Trois quarts des entreprises ont déjà engagé des actions pour réduire leur impact environnemental
74% des entreprises françaises déclarent avoir mis en place des actions concrètes pour réduire leur empreinte environnementale. Ce taux atteint 89 % dans les entreprises de plus de 100 salariés et 87% dans l’industrie, confirmant que les grands acteurs et les secteurs industriels sont en première ligne. À l’inverse, 26% des entreprises n’ont engagé aucune action, un chiffre qui grimpe à 32% chez les PME de 10 à 19 salariés.
Parmi les entreprises qui ont franchi le pas, la motivation principale reste l’engagement écologique : 62% déclarent agir « par volonté écologique, pour suivre l’évolution de la société ». Mais l’intérêt économique n’est pas absent : 28% y voient un levier de compétitivité, tandis que 20% invoquent une obligation légale. D’autres raisons apparaissent, comme la volonté de rester compétitif dans son secteur (16%) ou de se démarquer de la concurrence (13%). Enfin, 25% des entreprises reconnaissent avoir agi sous l’effet d’une pression externe (clients, société, politique) ou interne (collaborateurs).
Parmi les entreprises qui n’ont pas agi, 39% évoquent un manque de moyens financiers, et 37% estiment que leur impact environnemental est trop faible pour justifier des changements. Pour 28%, la difficulté à modifier le fonctionnement constitue un obstacle, tandis que 15% pointent la pression concurrentielle. Enfin, 6% assument un choix délibéré de ne pas suivre une démarche écologique.
Face à la flambée des prix de l’énergie, 41% des entreprises ont repensé leur production ou leur fonctionnement pour réduire leur consommation
Une majorité d’entreprises françaises (56%) ont réfléchi à des ajustements pour faire face à la hausse des prix de l’énergie, mais seules 41% ont déjà mis en place des changements pour réduire leur consommation. 15% envisagent des modifications sans les avoir concrétisées, tandis que 43% n’ont engagé aucune action.
Les écarts sont significatifs : 53% des entreprises de plus de 100 salariés ont déjà agi. L’industrie se montre proactive (47%), alors que le secteur de la construction affiche le plus fort taux d’inaction (53%).
Des obligations légales jugées adaptées par une majorité d’entreprises
58% des entreprises estiment que les obligations légales liées à la transition écologique sont « adaptées » à leur activité. Parmi elles, 10% les jugent « tout à fait adaptées » et 48% « plutôt adaptées ». Ce sentiment est encore plus marqué dans les grandes structures : 70% des entreprises de plus de 250 salariés partagent cette opinion.
En revanche, 35% des répondants considèrent ces obligations « excessives », dont 9 % tout à fait excessives ».
Gestion des déchets, énergie et déplacements : les 3 grands leviers des entreprises françaises pour réduire leur empreinte environnementale
Pour les entreprises françaises, la transition écologique s’organise autour de trois grands leviers. En tête, 56% des répondants déclarent avoir mis en place des actions de réduction et de gestion des déchets. Ces démarches incluent le tri, le recyclage et le réemploi des matériaux, des pratiques qui permettent de limiter la production de déchets tout en réduisant les coûts liés à leur traitement.
Les actions sur la consommation et la production d’énergie arrivent en deuxième position, citées par 42% des entreprises. Derrière ce chiffre se cachent des actions comme l’optimisation des consommations grâce à des systèmes de pilotage, le changement d’équipements pour des modèles plus sobres, l’isolation ou le changement du système de chauffage des bâtiments ou encore la bascule vers des énergies renouvelables.
Troisième type d’actions : la réduction de l’impact lié aux déplacements, mentionnée par 29% des entreprises (39% pour les sociétés de services). Les mesures les plus fréquentes concernent la limitation des déplacements professionnels, mais aussi l’optimisation des trajets via le covoiturage ou l’écoconduite. Les modes de transport plus écologiques, comme les mobilités douces ou les carburants moins polluants, restent encore minoritaires (7% des répondants les ont mises en place).
À côté de ces trois priorités, d’autres actions existent mais restent marginales. 14% des entreprises s’engagent dans des pratiques de consommation plus responsables, par exemple en choisissant des matériaux durables, en choisissant des fournisseurs locaux ou en réduisant le gaspillage alimentaire. La réduction des ressources naturelles et le traitement des eaux usées ne concernent que 7% des répondants, tandis que la sensibilisation interne plafonne à 6%, malgré son rôle clé pour changer les comportements. Enfin, les initiatives en faveur de la biodiversité ou les actions de compensation sont pour l’heure anecdotiques (2%).
Les critères environnementaux dans le choix des fournisseurs : importants mais rarement prioritaires
Les efforts des fournisseurs pour réduire leur empreinte environnementale sont considérés comme un critère significatif, mais rarement déterminant dans les décisions d’achat. Seules 15% des entreprises interrogées déclarent que ce critère est prioritaire dans leur sélection. Cette proportion monte à 43% parmi les entreprises de plus de 250 salariés, signe que la taille joue un rôle dans la prise en compte des enjeux environnementaux.
Pour 38% des répondants, ce critère est jugé important mais non prioritaire. En cumulant ces deux catégories, 53% des entreprises reconnaissent l’importance des actions environnementales de leurs fournisseurs.
À l’inverse, 27% des entreprises relèguent ce critère au rang de secondaire, et 20% ne le considèrent pas du tout. Cette dernière proportion grimpe à 35% chez les entreprises en panne de croissance, ce qui traduit une hiérarchisation des priorités où la contrainte économique domine.
Des entreprises qui se préparent à investir pour réduire leur impact environnemental
Au total, 64% des répondants déclarent vouloir engager des dépenses dans ce sens, contre 30% qui n’ont pas de projet en la matière et 6% qui ne se prononcent pas. Cette intention d’investissement est particulièrement forte dans l’industrie, où elle atteint 87%, et parmi les entreprises qui mettent déjà en place des actions environnementales (70%).
Les horizons d’investissement varient sensiblement. 14% des entreprises prévoient des dépenses à court terme, d’ici un an. Cette proportion grimpe à 24% pour les structures de plus de 100 salariés et à 30% dans l’industrie. À moyen terme, d’ici trois ans, 26% des répondants envisagent des investissements, une tendance encore plus marquée dans les entreprises de taille intermédiaire (31%). Enfin, 24% des entreprises se projettent à long terme, entre trois et cinq ans.
La question du financement est centrale. Parmi les entreprises qui prévoient d’investir, 60% comptent mobiliser leurs fonds propres, une proportion qui atteint 73% dans les structures de plus de 100 salariés. Les financements privés, tels que le crédit bancaire ou le leasing, sont envisagés par 36% des répondants, tandis que 26% comptent sur des aides publiques. Enfin, 8% évoquent d’autres sources de financement. Ces données montrent que l’autofinancement reste la solution privilégiée, mais que le recours à des dispositifs externes demeure significatif.
Les actions envisagées sont variées et reflètent des priorités opérationnelles. Le remplacement ou l’installation de luminaires LED arrive en tête, cité par 56% des entreprises, dont 45% à court terme. La production d’énergie renouvelable (photovoltaïque, éolien) est mentionnée par 46% des répondants, mais avec une mise en œuvre plus étalée dans le temps. La mise en place de matériel de chauffage ou de refroidissement plus performant concerne 45% des entreprises, tandis que l’achat ou la location de matériel technologique reconditionné est prévu par 44% d’entre elles. Les bornes de recharge pour véhicules électriques figurent également parmi les projets, avec 42% d’intentions, tout comme l’acquisition de nouveaux véhicules de fonction électriques (41%) ou des véhicules utilitaires ou industriels électriques ou à hydrogène (35%). Enfin, des actions plus spécifiques, comme l’installation de batteries de stockage, sont envisagées par 21% des répondants.
Accompagnement dans la transition écologique : un intérêt limité mais ciblé
Seules 21% des entreprises interrogées se disent intéressées par un accompagnement pour leur transition écologique. Parmi elles, 4% se déclarent très intéressées et 17% assez intéressées, tandis que 79% ne manifestent pas d’intérêt.
Lorsqu’un accompagnement est souhaité, la question du financement domine largement. 65% des entreprises intéressées demandent un soutien pour financer leurs projets, devant l’accompagnement stratégique (41%) et l’aide au choix des fournisseurs (19%). Les besoins liés au discours à adopter restent marginaux (9%).
(*) L’enquête a été réalisée par téléphone du 17 juin au 17 juillet 2025 par l’institut Viavoice auprès d’un échantillon de dirigeants d’entreprise, de Directeurs Administratifs et Financiers, de Responsables de Service Achat ou de Responsables RSE, évoluant au sein de 441 entreprises de 10 salariés et plus.
La représentativité des répondants (taille d’entreprise, secteur d’activité et région d’implantation) est assurée par la méthode des quotas.