Crédit à la consommation
Les Français et leur cuisine, la nouvelle étude du barhometre Franfinance
16 mars 2026
Acteur engagé dans l’accompagnement des projets d’aménagement de l’habitat, Franfinance observe de près les usages et les aspirations des ménages français. À travers son barHOMEtre, Franfinance décrypte régulièrement la manière dont les Français vivent leur logement, l’équipent et le transforment.
Cette nouvelle édition, réalisée avec l’institut Viavoice, s’intéresse à une pièce centrale du quotidien : la cuisine. Entre équipements, temps passé, travaux réalisés ou envisagés, motivations et freins, l’étude dresse un panorama complet des habitudes et des attentes des Français dans cet espace clé du foyer.
Fondée sur une enquête nationale représentative menée en janvier 2026 en ligne auprès de 1000 personnes de 18 ans et plus, elle offre un éclairage précieux sur la place que tient aujourd’hui la cuisine dans la vie des ménages, et sur la manière dont ils projettent son évolution. Tour d’horizon des principaux enseignements.
Les cuisines françaises : entre équipements incontournables et nouvelles tendances
Les cuisines françaises bénéficient d’un haut niveau d’équipement, avec un duo de base devenu quasi universel : 91 % des répondants possèdent un four et 89 % un micro‑ondes. La hotte (73 %), le lave‑linge (69 %) ou encore le lave‑vaisselle (68 %) restent également très répandus.
Des différences marquées apparaissent toutefois selon les profils. Les propriétaires disposent davantage de la plupart des équipements : par exemple 97 % possèdent un four contre 83 % des locataires, et 84 % un lave‑vaisselle contre 42 % chez les locataires. À l’inverse, ces derniers se projettent davantage dans l’achat : ils sont aujourd’hui plus nombreux à envisager l’acquisition d’un robot de cuisine (13 % contre 9 % chez les propriétaires), d’une machine à café à grains (15 % contre 10 %) ou encore d’une hotte (9 % contre 4 %).
L’enquête met également en lumière l’essor d’équipements plus récents et désormais emblématiques des nouvelles pratiques culinaires. 45 % des Français disposent d’un robot de cuisine multifonction, 38 % d’un air fryer, 28 % d’une machine à café à grains et 14 % d’une cave à vin. Ces appareils ne se contentent pas d’être présents : ils suscitent un réel engouement, avec jusqu’à 16 % de cadres qui envisagent d’acheter un air fryer et 18 % une machine à café à grains, signe d’une montée en puissance durable de ces usages.
La cuisine, un espace davantage connecté au reste du foyer
56 % des Français disposent aujourd’hui d’une cuisine ouverte ou semi‑ouverte, confirmant la place croissante de ces aménagements dans les foyers.
La configuration la plus répandue est la cuisine complètement ouverte, présente chez 49 % des répondants. Elle est particulièrement courante chez les moins de 35 ans, les 35–49 ans, les CSP− ou encore les propriétaires de maison. À côté de ces espaces totalement ouverts, 7 % des foyers ont opté pour une verrière. Cette configuration, plus spécifique, se retrouve plus fréquemment chez certains profils, notamment les cadres et les ménages aux revenus supérieurs à 5 000 euros mensuels.
En combinant ces deux approches, l’étude témoigne d’une tendance claire : la cuisine tend de plus en plus à s’ouvrir sur la pièce de vie, qu’elle le soit totalement ou de manière partielle grâce à la verrière.
La cuisine, une pièce centrale dans les usages, secondaire dans les préférences
Le temps consacré à la cuisine occupe une place importante dans le quotidien des Français. En semaine, près des deux tiers y passent plus d’une heure par jour, et cette durée augmente encore le week‑end, où les trois quarts des répondants dépassent ce seuil. Au global, le temps moyen cumulé atteint trois heures par jour, tandis que la médiane se situe autour d’1h50, ce qui montre que la cuisine reste un lieu où l’on s’attarde volontiers.
Cette forte présence s’accompagne d’un rapport affectif affirmé : 78 % des répondants déclarent aimer passer du temps dans leur cuisine. Cet attachement se retrouve dans de nombreux profils, notamment chez les propriétaires, les femmes ou encore les personnes disposant d’équipements qui facilitent ou enrichissent la préparation des repas, comme un robot de cuisine, un air fryer ou une machine à café à grains. Ces appareils semblent encourager une utilisation plus régulière et plus agréable de cet espace.
Même si la cuisine occupe une place importante dans le quotidien, elle ne se classe pas parmi les pièces préférées du logement. Le salon arrive largement en tête, cité par 50 % des répondants, suivi par la chambre (17 %) et le jardin (12 %). La cuisine se situe plus loin, choisie par 7 % des Français, devant des espaces comme le balcon ou la terrasse (5 %), la cour, le garage ou la salle de bain (tous autour de 1 %). Ce positionnement montre que, malgré le temps passé et le plaisir associé, la cuisine reste davantage perçue comme une pièce de vie fonctionnelle que comme l’espace favori du foyer.
Faire des travaux dans la cuisine : un mouvement régulier, apprécié et soutenu par plusieurs modes de financement
Une dynamique de travaux bien installée
Une part importante des Français a entrepris des travaux dans leur cuisine au cours des dernières années. Au total, 69 % déclarent avoir déjà réalisé des travaux dans cette pièce, un taux particulièrement élevé chez les propriétaires (83 %) et somme toute logique chez les personnes âgées de 65 ans et plus (84 %), plus expérimentés. Parmi l’ensemble des répondants, 30 % indiquent que leurs travaux datent de moins de cinq ans, tandis que 20 % les situent entre cinq et neuf ans. Si l’on élargit à une période de dix ans, un répondant sur deux a rénové sa cuisine au cours de la décennie écoulée. À l’inverse, 27 % n’ont jamais entrepris de travaux dans cet espace, une proportion qui monte à 42 % chez les ménages dont les revenus sont inférieurs à 2 000 euros mensuels et à 34 % parmi les CSP−. Ces résultats montrent que les rénovations de cuisine s’inscrivent dans une dynamique régulière, mais avec des rythmes et des pratiques qui varient fortement selon les profils.
Par ailleurs, la satisfaction exprimée à l’égard de ces rénovations est très élevée : parmi ceux qui ont réalisé des travaux, 85 % se déclarent satisfaits, qu’il s’agisse d’interventions récentes ou plus anciennes.
Un financement majoritairement assuré par l’épargne, mais un recours au crédit structurant
Pour financer les travaux réalisés dans leur cuisine, les Français se sont reposés avant tout sur l’épargne, utilisée par 60 % des personnes ayant rénové leur espace culinaire. D’autres solutions sont également mobilisées, comme l’étalement des paiements dans le temps ou différents types de crédits. Au total, 25 % des personnes ayant réalisé des travaux indiquent avoir eu recours à un emprunt, qu’il s’agisse d’un crédit contracté auprès de leur banque (11 %), d’un organisme de financement (4 %) ou d’un crédit proposé par l’entreprise chargée des travaux (3 %). Le recours au crédit est particulièrement fréquent chez les moins de 35 ans, dont 40 % y ont eu recours, ainsi que chez les cadres (36 %) et les actifs (31 %).
Deux Français sur dix projettent des travaux dans les trois ans
20 % des Français envisagent d’effectuer des travaux dans les trois prochaines années. Cette proportion augmente chez certains profils, notamment chez les propriétaires d’appartement (32 %), les habitants de la région parisienne (29 %), les cadres (28 %) ou encore les 35‑49 ans (26 %). À l’inverse, les personnes âgées de 65 ans et plus, ainsi que plus logiquement celles ayant déjà réalisé des travaux récents, se montrent moins nombreuses à prévoir une nouvelle rénovation.
Des intentions concentrées sur le court terme
Parmi ceux qui ont un projet, les intentions se concentrent largement sur des horizons courts. Ainsi, 44 % souhaitent réaliser leurs travaux dans l’année, et 65 % prévoient de les engager au plus tard l’an prochain. Les locataires apparaissent plus pressés que les propriétaires : 73 % envisagent une réalisation d’ici l’année suivante, contre 60 % pour les propriétaires.
Des motivations avant tout esthétiques et pratiques
Les motivations des Français qui prévoient de rénover leur cuisine dans les trois prochaines années sont dominées par des considérations esthétiques et pratiques. Pour 42 % d’entre eux, la cuisine n’est plus à leur goût ou paraît trop vieillissante, tandis que 34 % jugent leur espace peu pratique ou manquant de rangement. L’usure du matériel arrive ensuite, citée par 29 % des répondants, suivie par des motifs plus spécifiques comme la valorisation du bien immobilier ou l’aménagement d’un espace permettant de manger dans la cuisine.
Les projets de travaux envisagés reflètent directement ces motivations. Les interventions les plus fréquentes concernent le plan de travail (43 %), la rénovation des meubles (39 %) ainsi que les murs ou le sol (38 %). Les changements de placards, la crédence ou le renouvellement de l’électroménager apparaissent également parmi les projets cités, dans des proportions allant de 34 % à 26 %. Des transformations plus structurelles, telles que l’ouverture de la cuisine sur une autre pièce ou l’installation d’une verrière, concernent une part plus réduite des répondants, de l’ordre de 10 %.
Par ailleurs, l’aspect écologique des matériaux constitue un critère important pour les personnes prévoyant des travaux, puisque 63 % déclarent que cette dimension influencera leurs choix.
Des freins multiples, souvent liés au coût et aux contraintes pratiques
Pour autant, faire des travaux est un chemin semé d’embuches et plusieurs facteurs peuvent conduire les Français à y renoncer. Le coût arrive nettement en tête : 67 % des personnes concernées indiquent qu’il pourrait les faire changer d’avis, un frein particulièrement marqué chez les locataires et les ménages les plus modestes, où cette proportion atteint 78 %, ainsi que chez les CSP− (81 %). La lourdeur de la démarche constitue le deuxième frein, cité par 57 % des répondants et plus spécialement par les moins de 35 ans (70 %). Les contraintes techniques, évoquées par 55 %, touchent elles aussi davantage certains publics, notamment les CSP− (68 %). Enfin, la difficulté à trouver de bons entrepreneurs, mentionnée par 54 % des personnes concernées, se révèle particulièrement sensible chez les propriétaires d’appartements, où elle atteint 74 %.
Les Français, les professionnels et leurs équipements
Lorsqu’ils envisagent de rénover leur cuisine, une majorité de Français se tournent vers un professionnel : 57 % prévoient de confier les travaux à un expert, une démarche plus fréquente chez les CSP+ et chez les propriétaires. Pour ceux qui souhaitent être accompagnés, les critères de choix reposent principalement sur la confiance : la réputation de l’enseigne arrive en tête, citée par 42 % des personnes concernées, suivie de la recommandation d’un proche (39 %). La proximité géographique constitue également un critère important pour 36 % des répondants, tandis que 28 % s’appuient sur une recherche en ligne pour identifier les bons interlocuteurs.
Lorsqu’il s’agit d’acheter les équipements nécessaires à leur projet, les Français privilégient largement les magasins de meubles ou de grande distribution (53 % avec une pointe à 64 % chez les locataires), devant les cuisinistes spécialisés (40 %), un choix particulièrement marqué chez les CSP+, qui envisagent d’y recourir davantage que la moyenne (54 %).
Un budget très variable selon les profils
Le budget que les Français estiment nécessaire pour rénover leur cuisine se situe en moyenne à 4 298 euros, avec une médiane de 1 592 euros. La moitié d’entre eux pense pouvoir réaliser ces travaux pour moins de 1 600 euros, tandis que 18 % anticipent un montant supérieur à 5 000 euros. Ces attentes budgétaires varient fortement selon les profils : les propriétaires évaluent en moyenne leur projet à 5 682 euros, contre 1 849 euros pour les locataires, et les ménages les plus jeunes ou les plus modestes se projettent généralement sur des montants plus faibles.
Près de deux tiers des personnes envisageant des travaux déclarent disposer du budget nécessaire, mais un tiers indique ne pas avoir les moyens de financer immédiatement leur projet. Cette situation concerne particulièrement certains profils, comme les femmes, les ménages qui planifient un budget travaux au-delà de 5 000 euros, ou encore les personnes anticipant des travaux plus structurants (changement de meubles, réaménagement des espaces…).
Les solutions de financement mobilisées sont variées. Si 56 % comptent utiliser leur épargne, 42 % déclarent envisager un crédit, qu’il s’agisse d’un emprunt bancaire, d’un paiement en plusieurs fois, du financement proposé par un organisme spécialisé, ou d’un crédit directement proposé par l’entreprise réalisant les travaux. La volonté de recourir au crédit pour financer les travaux est particulièrement fréquente chez les locataires (55 %) et chez les moins de 35 ans (54 %), tandis que les propriétaires s’orientent plus volontiers vers l’épargne (seuls 35 % ont recours au crédit).
Les raisons qui poussent la majorité des Français à ne pas faire de travaux dans leur cuisine
Parmi les personnes qui n’envisagent pas de réaliser des travaux dans leur cuisine au cours des trois prochaines années, la raison principale reste l’absence d’envie : 68 % déclarent que leur cuisine leur convient ou qu’ils n’éprouvent tout simplement pas le besoin de la modifier. Des raisons financières sont également évoquées par 20 % des répondants, avec une présence plus marquée chez les ménages modestes, les moins de 35 ans et les CSP−. D’autres freins existent, mais de manière plus marginale, comme la lourdeur des démarches ou des travaux (9 %), la difficulté à trouver les bons entrepreneurs (5 %) ou la crainte d’un résultat insatisfaisant (5 %). Pour certains locataires, la nature même de leur statut constitue un frein supplémentaire, plusieurs indiquant que ces travaux relèvent du propriétaire ou qu’ils n’ont pas la latitude d’engager des rénovations importantes dans leur logement.
Interviews réalisées en ligne du 9 au 16 janvier 2026 auprès d’un échantillon de 1 000 individus représentatif de la population nationale âgée de 18 ans et plus.
Représentativité des répondants assurée par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : genre, âge, catégorie socio-professionnelle, région, catégorie d’agglomération, situation vis-à-vis de la résidence principale.